Sons d'une ville 4. (fin)

A l’heure où celui qui, dérangé dans son sommeil par le bruit d’une voiture dehors, se rend compte qu’il ne se rendormira pas sans s’être soulagé ;

A l’heure où la plupart des gens ne déploient plus l’activité qui les nourrit, sauf peut-être Jessica qui vient de terminer un client basané alors que Luis rentre chez lui à pieds et qu’elle l’accoste dans l’allée du parc. Lui ne dit pas non, demande du feu et dit qu’il vient de laisser son amie endormie chez ses parents à elle et qu’ils ont baisé toute la soirée. Il lui demande quand même le prix. Il plaisante, à boire, une coupe, une passe, un rail, un joint. Elle dit que s’ils couchent, pour lui ce sera cent. Il répond que si c’était la moitié, il ne dirait pas non. Il n’aime pas marchander. Il le dit. Ils s’entendent à soixante. Ils vont dans sa chambre à elle. Il assure que c’est la première fois qu’il paie. Il veut l’embrasser. Il saisit ses seins, elle commence de le déshabiller, elle s’émeut de voir son corps élancé et sa queue si d…

Eaux vives 8




Le murmure ample de l'eau emplissait l’espace dans la zone d'ombre que nous avions choisie. Nous pouvions voir alors les reflets de lumières disloquées sur la surface noire. Nous avions faim l'un de l'autre. La caresse fluide et sonore nous a encouragés sur le chemin de la lenteur. Les mouvements doux prolongeaient la brûlure d'un désir lentement mûri qui peu à peu a basculé dans le feu d'élans sourds, comme martelés. Chahutés par les vagues fortes du plaisir, elle, moi, avons éclaté en souffles ou jappements rauques, violents et indistincts. Nous sommes restés tremblants à écouter le chant de l'eau. Une pluie fine tombait sur la ville et je songeais à ce passé oublié que je venais de remettre à jour.




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